Accueil > Ressources > Dossiers rousseauistes > Lieux montmorencéens marqués par la présence de Rousseau
La Châtaigneraie de Montmorency- Service Communication-Montmorency
L'Ermitage de Montmorency- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency
 La Châtaigneraie de Montmorency par Camille Pissarro-Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency

Lieux montmorencéens marqués par la présence de Rousseau

Ermitage de Jean-Jacques Rousseau : Rue de l’Ermitage

Le nom de ce lieu-dit tire son origine d’un ermitage ayant abrité un, puis deux ermites, dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Vers 1715, un second ermitage constitué d'une cuisine et d'une chambre à l'étage est construit dans la partie haute du domaine, mais il n’a jamais été habité. En 1749,  Louis Denis Lalive d’Epinay de Bellegarde  achète une partie du terrain ainsi que le collecteur de sources alimentant le parc de la Chevrette à Deuil, dont il est également propriétaire. L’Ermitage n’est toujours pas occupé lorsqu’en 1754, Rousseau le découvre et s’exclame : « Voilà un asile tout fait pour moi ». Mme d’Epinay fait rénover la maisonnette en y ajoutant deux pièces supplémentaires et la meuble afin d’y installer le philosophe, sa compagne et la mère de celle-ci le 9 avril 1756. C'est dans ce lieu que Rousseau commence la rédaction de La Nouvelle Héloïse. L’idylle de l’écrivain avec Sophie d’Houdetot, belle-sœur de Mme d’Epinay, provoque la colère de cette dernière. Rousseau est contraint de quitter l’Ermitage le 15 décembre 1757. Cette brouille n'empêchera pas Mme d’Epinay de faire ériger au fond du jardin un petit monument en mémoire du philosophe, juste après sa mort en 1778.

L' « ermitage de Jean-Jacques Rousseau » est laissé en l'état pendant plus de quinze ans. En 1774, M. d’Epinay s’y installe après l’avoir agrandi. Son gendre, le vicomte Dominique de Belzunce, poursuivra l’agrandissement de la maison en 1787.

Placé sous séquestre en 1793, le domaine est acheté en 1798 par André-Modeste Grétry qui y reste jusqu’à sa mort en 1813. Louis-Victor Flamand-Grétry, son neveu par alliance, rachète l'héritage aux co-hériters du grand musicien franco-belge, agrandit encore la maison et érige dans le jardin des colonnes surmontées des bustes de Grétry et de la duchesse de Berry.

Durant la deuxième moitié du XIXe siècle, la maison subit de profondes transformations : en 1861, la partie la plus ancienne est détruite. Au milieu du siècle suivant, le domaine devient une clinique psychiatrique et la maison modernisée est transformée en loge d’entrée.


La Châtaigneraie : sente de la Châtaigneraie

 

Située à proximité de l’Ermitage de Jean-Jacques Rousseau, la Châtaigneraie présente encore de nombreux arbres remarquables plusieurs fois centenaires. Souvent arpenté par le philosophe,  ce petit bois devient un lieu de pèlerinage rousseauiste au 19e siècle : depuis le centre ville, les parisiens en villégiature montent la colline à dos d’âne et se reposent à l’ombre des majestueux châtaigniers. Camille Pissarro y a réalisé plusieurs dessins.


Le Grand Mont-Louis, 1 rue JJ Rousseau

Au milieu du XVIIIe siècle, le domaine de Mont-Louis, dont le procureur fiscal du duché d'Enghien-Montmorency, Jacques Joseph Mathas, est le propriétaire, s'étend du bas de la rue Jean-Jacques Rousseau jusqu'à la rue du Mont-Louis. Il se compose de deux maisons : dans la partie basse une grosse maison, le grand Mont-Louis, occupée par le maître de céans, dans la partie haute une petite bicoque, le petit Mont-Louis, inutilisée et promise à la démolition ; ces deux maisons sont reliées par de beaux jardins d'agrément et des potagers.

En décembre 1757, le sieur de Mont-Louis prend connaissance des soucis de Jean-Jacques Rousseau avec Mme d’Epinay qui le presse de quitter l’Ermitage. Il lui propose de s'installer au petit Mont-Louis : « M. Mathas procureur fiscal de M. le prince de Condé entendit parler de mon embarras. Il me fit offrir une petite maison qu’il avait à son jardin de Mont-Louis à Montmorency. J’acceptai avec empressement et reconnaissance » (Les Confessions, Livre neuvième).

A la mort de Mathas, en décembre 1762, le domaine est transmis à son neveu Baudoin Cyprien Antoine Dumoulin qui le délaisse au profit d'une maison plus grande (actuel Castel) qu'il s'est fait construire dans la rue du Docteur Millet.


Orangerie de Montmorency : boulevard de l’Orangerie

En 1670, Charles Le Brun, premier peintre de Louis XIV, acquiert un terrain sur le bas de la colline de Montmorency. Il y fait ériger un château à partir de 1673. En 1702, Pierre Crozat, un richissime financier toulousain, rachète le domaine et l'agrandit. En 1709, il fait élever le grand château, le long de l'actuelle avenue Charles de Gaulle et fait construire en 1719, une magnifique orangerie semi-circulaire à proximité du petit château de Le Brun.

Lors des travaux du petit Mont-Louis en 1759, le maréchal de Luxembourg, duc, pair de France et usufruitier du domaine de Crozat, propose à Jean-Jacques Rousseau de loger dans le petit château de Le Brun. Le philosophe apprécie grandement cette demeure et l’orangerie à proximité :

« C'est dans cette profonde et délicieuse solitude qu'au milieu des bois et des eaux, aux concerts des oiseaux de toute espèce, au parfum de la fleur d'orange, je composai dans une continuelle extase le cinquième livre de l’Emile, dont je dus en grande partie le coloris assez frais à la vive impression du local où je l'écrivais. » Les Confessions, livre dixième.

De cet ensemble parc, châteaux et orangerie ne subsiste que cette dernière, actuel Conservatoire de musique et de danse André-Modeste Grétry.


Loge JJ Rousseau : 7, rue de la Vérité

Fondée en 1866 dans l'ancien l’Ermitage de Jean-Jacques Rousseau, la loge du Grand Orient de France « à l'Orient de Montmorency » adopte le nom du philosophe. Elle se réfère à ses écrits, et plus particulièrement à Emile ou de l’Education, qu’elle considère proche des idées maçonniques. Les réunions ont lieu deux fois par mois, sous les auspices d’un buste du grand homme.

La loge occupe successivement des locaux rue de Grétry, rue de Jaigny, rue de l’Hospice, rue du Marché. Finalement, elle acquiert un terrain rue de la Vérité et fait construire un bâtiment qui est inauguré le 21 décembre 1890.

La loge promeut la mémoire de Rousseau dans la région : en 1882, elle lance une souscription afin d’ériger une statue à Montmorency en son honneur, mais la tentative échoue en 1884. Les sommes récoltées serviront à l’érection de la statue en 1907.

La loge a eu pour membres de nombreux Montmorencéens ainsi que des personnages plus inattendus tel Moulay Abd al-Hafid, sultan du Maroc de 1908 à 1912, l'arrière-grand-oncle du souverain actuel.

La loge est toujours en activité.

Haut de la page