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L'Ermitage de Rousseau à Montmorency par J.C. Nattes, 1809- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency

Chronologie de Jean-Jacques Rousseau à Montmorency

L’Ermitage

1754

- Juin 1754 :

Premier séjour de Rousseau chez Mme d’Epinay, à la Chevrette. Au cours d’une promenade, il découvre un « lieu solitaire et très agréable » « où était un joli potager avec une petite loge fort délabrée qu’on appelait L’Ermitage ». Il s’exclame : « voilà un asile tout fait pour moi »

1755

- Septembre 1755 :

Deuxième séjour de Rousseau où il découvre l’Ermitage entièrement rénové :

« Mais à ce second voyage, je fus tout surpris de trouver, au lieu de la vieille masure, une petite maison presque entièrement neuve fort bien distribuée et très logeable pour un ménage de trois personnes. Mme d’Epinay avait fait faire cet ouvrage en silence et à très peu de frais en détachant quelques matériaux et quelques ouvriers de ceux du château. Au second voyage elle me dit en voyant ma surprise : Mon ours voila votre asile, c’est vous qui l’avez choisi, c’est l’amitié qui vous l’offre […] »

1756

- 9 avril 1756 :

Emménagement de Rousseau à l’Ermitage :

« Ce fut le 9 avril 1756 que je quittai la Ville pour ne plus y habiter. […] Madame d’Epinay vint nous prendre tous trois dans son carrosse ; son fermier vint charger mon petit bagage, et je fus installé dès le même jour. Je trouvai ma petite retraite arrangée et meublée simplement, mais proprement et avec goût. »

- Eté 1756

Rousseau débute la rédaction de la Nouvelle Héloïse.

1757

- Novembre 1757 

Dispute de Rousseau et Mme d’Epinay

- 15 décembre 1757 :

Départ de Rousseau de l’Ermitage, emménagement au Mont-Louis.

 

Le Mont-Louis

1757

- 15 décembre 1757 : emménagement au Mont-Louis

1758

Février-mars 1758 :

Rédaction dans le « donjon » de la Lettre à d’Alembert sur les spectacles.

« Ce fut dans ce lieu glacé, que sans abri contre le vent et la neige, et sans autre feu que celui de mon cœur, je composais dans l’espace de trois semaines ma Lettre à d’Alembert sur les Spectacles »

- Mars 1758 : Voyage de Pâques

Les Luxembourg envoient « un valet de chambre lui faire compliment à Rousseau et l’invite à souper chez eux toutes les fois que cela lui ferait plaisir.  Rousseau repousse leur offre :

« Je répondis honnêtement et respectueusement aux politesses de M. et Mme de Luxembourg ; mais je n'acceptais point leurs offres, et tant mes incommodités que mon humeur timide et mon embarras à parler me faisait frémir à la seule idée de me présenter dans une assemblée de gens de la cour, je n'allai même pas au château faire une visite de remerciement [...]. »

- Eté 1758

Nouvelles tentatives de contact : « A chaque fois [que les Luxembourg] revinrent ils ne manquèrent point de réitérer le même compliment et la même invitation. »

Au cours de ce voyage, « les avances continuèrent et allèrent même en augmentant. »

Rousseau achève la rédaction de la Nouvelle Héloïse.

- Septembre 1758

Publication de la Lettre à d’Alembert sur les spectacles.

- Fin 1758 : début de la rédaction d’Emile.

1759

- 15 avril1759

Le maréchal de Luxembourg se rend à Mont Louis « suivi de cinq ou six personnes » et renouvelle son invitation que Rousseau finit par accepter :

« Pour lors, il n'y eut plus moyen de m'en dédire et je ne pus éviter, sous peine d'être un arrogant et un malappris de lui rendre sa visite et d'aller faire ma cour à Mme la Maréchale de la part de laquelle il m'avait comblé des choses les plus obligeantes »

Le plancher du premier étage de Mont Louis étant « pourri », Rousseau conduit le maréchal de Luxembourg et sa suite au Donjon et lui en explique la raison.

- 6 mai 1759

Pendant les travaux du Mont-Louis, Rousseau et Thérèse s’installent au petit château du maréchal de Luxembourg :

« Cet édifice et le terrain qui l’entoure appartenaient jadis au célèbre Le Brun, qui se plut à le bâtir et à la décorer avec ce goût exquis d’ornements et d’architecture dont ce grand peintre s’était nourri. »

- Août 1759 :

Rousseau se réinstalle  au Mont-Louis tout en conservant la clé du petit château dont il continue à jouir à son gré :

« [...] mais je ne pus me résoudre [...] à quitter mon appartement du petit château. J'en gardai la clé et tenant beaucoup aux jolis déjeuners du péristyle, j'allais souvent y coucher et j'y passais quelques fois deux ou trois jours comme à une maison de campagne. »

Les travaux sont dorénavant achevés :

- au « donjon » : « Le Donjon me servait de cabinet au moyen d’une bonne cloison vitrée et d’une cheminée qu’on y fit faire »

- dans le jardin : « Je m'amusai quand j'y fus à orner la terrasse qu'ombrageaient déjà deux rangs de jeunes tilleuls, j'y en fis ajouter deux pour faire un cabinet de verdure ; j'y fis poser une table et des bancs de pierre ; je l'entourai de lilas, de seringa, de chèvrefeuille, j’y fis faire une belle platebande de fleurs parallèle aux deux rang d’arbres ; et cette terrasse plus élevée que celle du château, dont la vue était du moins aussi belle, et sur laquelle j’avais apprivoisé une multitude d’oiseaux, me servait de salle de compagnie »

- dans la maison : « Je trouvais donc le moyen de me faire d’une seule chambre au premier un appartement complet, composé d’une chambre, d’une antichambre et d’une garde-robe. Au rez-de-chaussée étaient la cuisine et la chambre de Thérèse

- 18 août 1759 :

Maurice Quentin de la Tour rend visite à Rousseau au Mont-Louis pour lui donner son portrait au pastel présenté au Salon de 1752 :

« Quelques temps après mon retour à Mont-Louis, La Tour le peintre vint m’y voir, et m’apporta mon portrait en pastel qu’il avait exposé au Salon il y avait quelques années. Il avait voulu me donner ce portrait que je n’avais pas accepté. Mais Mme d’Epinay qui m’avait donné le sien et qui voulait avoir celui-là m’avait engagé à le lui redemander. Il avait pris du temps pour le retoucher. Dans cet intervalle vint ma rupture avec Mme d’Epinay, je lui rendis son portrait, et n’étant plus question de lui donner le mien, je le mis dans ma chambre au petit château. M. de Luxembourg l’y vit et le trouva bien ; je le lui offris […] »

1760

- Octobre 1760 :

fin de la rédaction d’Emile.

1761

- Janvier 1761

Parution de la Nouvelle Héloïse.

1762

- 4- 12 - 26 et 28 janvier 1762

Quatre lettres autobiographiques de Rousseau adressées à M. de Malesherbes.

- Avril 1762

Parution du Contrat social.

- Mai 1762

Parution d’Emile

- 8 juin 1762

Le Parlement de Paris prononce un décret de prise de corps de Jean-Jacques Rousseau. Son livre Emile est condamné à être lacéré et brulé en place publique.

- 9 juin 1762

Rousseau averti en pleine nuit par un messager des Luxembourg se rend au château du Maréchal. Les Luxembourg organise sa fuit de Montmorency en carrosse. En quittant définitivement la ville pour la Suisse, Rousseau croise les huissiers venus pour l’arrêter.

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