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Rousseau contemplant le lac de Bienne avec son chien Sultan par Hartmann (détail).Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency
Crocus. Illustration de la Botanique de Jean-Jacques Rousseau par Redouté. Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency.
Habitation de J-J Rousseau, aux Charmettes.Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency
Portrait de Diderot.Musée Jean-Jacques-Rousseau-Montmorency
L'Ermitage de Rousseau à Montmorency d'après J-C Nattes, 1809.Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency
Les Adieux de Rousseau au maréchal de Luxembourg le 9 juin 1762, d'après Maurice Leloir, 1889.Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency
Vue de Genève.Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency
Planche de l'herbier Delessert. Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency
L'Illumination de Vincennes, d'après Maurice Leloir, 1889. Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency
Le premier baiser de l'amour d'après JM Moreau, 1786. Musée Jean-Jacques Rousseau-Montmorency
Rousseau recevant le maréchal de Luxembourg dans le "Donjon" de Montmorency. D'après M. Leloir, 1889. Musée J-J Rousseau. Montmorency
Le Mont-Louis, maison de Rousseau à Montmorency. Musée J-J Rousseau. Montmorency
 Rousseau apportant le manuscrit des Dialogues à Notre-Dame de Paris.Musée J-J Rousseau. Montmorency
L'orangerie de Montmorency en 1719. Musée J-J Rousseau. Montmorency
Translation du corps de Rousseau au Panthéon le 11 octobre 1794. Musée J-J Rousseau. Montmorency
Maurice Quentin de La Tour offrant le portrait de Jean-Jacques Rousseau au Mont-Louis.  Musée J-J Rousseau. Montmorency
Génération haronique de Rameau.Musée J-J Rousseau. Montmorency
Sentiment des citoyens de Voltaire annoté par JJ Rousseau. Musée J-J Rousseau. Montmorency
Portrait de Thérèse Levasseur par Baader, 1791. Musée J-J Rousseau. Montmorency
Rousseau lapidé à Motiers. Musée J-J Rousseau. Montmorency
Rousseau secrétaire d'ambassadeur à Venise, illustration des Confessions d'après M. Leloir, 1889. Musée J-J Rousseau. Montmorency.
Portrait de Mme de Warens. Musée J-J Rousseau. Montmorency.
Rousseau et Zulietta à Venise. Musée J-J Rousseau. Montmorency.

Abécédaire Jean-Jacques Rousseau

  1. A-E
  2. F-J
  3. K-O
  4. P-T
  5. U-Z

A comme Animaux

Rousseau, ami des chiens et des chats ? Certainement aux dires du philosophe qui se décrit comme « l’ami, presque l’esclave de son chien, de sa chatte et de ses serins » (Rousseau juge de Jean-Jacques, deuxième dialogue).

A Montmorency, il a pour compagnon sa chatte Doyenne et son chien Turc : « Ma chatte et mon chien nous faisaient compagnie. Ce seul cortège m’eût suffit pour toute ma vie » (Les Confessions, livre dixième)

Rousseau, un animal bourru qui préfère la société des bêtes à celle des hommes ? Il ne manque pourtant pas de courtoisie en changeant le nom de son chien Duc en Turc, afin de ne pas froisser les membres de la noblesse qu’il côtoie au Grand château de Montmorency.


B comme Botanique

Rousseau qui aime la campagne depuis son enfance, se passionne pour la botanique après la condamnation d’Emile ou de l’éducation en 1762. Durant cette période de troubles, l’étude et la collecte de plantes lui permettent d’apaiser son esprit.

Pour lui, « Les plantes semblent avoir été semées avec profusion sur la terre comme les étoiles dans le ciel pour inviter l’homme par l’attrait du plaisir et de la curiosité à l’étude de la nature » (Les Rêveries du promeneur solitaire, septième promenade)


C comme Charmettes

Un peu à l’écart de Chambéry existe toujours la belle maison des Charmettes. Rousseau y habite de 1731 à 1742, en compagnie de Mme de Warens : « Ici commence le court bonheur de ma vie ; ici viennent les paisibles mais rapides moments qui m’ont donné le droit de dire que j’ai vécu » (Les Confessions, livre sixième). Rousseau se souviendra toute sa vie de son séjour aux Charmettes, il recrée à Montmorency dans sa chambre, une alcôve presqu’à l’identique que celle qu’il avait là-bas.

Dans un cadre naturel préservé, les Charmettes sont ouvertes au public tout au long de l’année.


D comme Diderot

Rousseau rencontre Diderot à Paris en 1742. Ayant les mêmes goûts (la musique, le jeu d’échecs), ils deviennent rapidement d’excellents amis. Le départ de Rousseau pour Montmorency les éloigne et nuit à leur amitié.

La publication en 1757, du Fils naturel de Diderot provoque une réaction vive de Rousseau qui prend pour une attaque personnelle la phrase « l’homme de bien est dans la société, et […] il n’y a que le méchant qui soit seul ». L’indiscrétion de Diderot, qui révèle au poète Saint-Lambert l’idylle de sa maîtresse, Sophie d’Houdetot, avec Rousseau provoque la rupture entre les deux amis.

2013 sera l'année du tricentenaire de la naissance de Diderot. Plus de renseignements sur 2013 à Langres, sa ville natale, ici


E comme Ermitage

« Ce lieu solitaire et très agréable m’avait frappé quand je le vis pour la première fois […] Il m’était échappé de dire dans mon transport. Ah, Madame, quelle habitation délicieuse ! Voilà un asile tout fait pour moi. » (Les Confessions, livre huitième)

En 1754, Rousseau découvre à Montmorency cette petite maison appartenant à son amie Mme d’Epinay. Celle-ci fait agrandir et aménager la demeure et invite le philosophe à venir s’y installer le 9 avril 1756. Rousseau profite de journées délicieuses à se promener dans la forêt toute proche. Cependant, sa passion pour Mme d’Houdetot, belle-sœur et cousine de me d’Epinay, met fin au rêve. Rousseau est contraint de quitter l’Ermitage le 15 décembre 1757.

La maison n’existe plus, une plaque commémore son emplacement rue de l’Ermitage.


F comme Fuite

Le 9 juin 1762, Emile ou de l’Education est condamné par le Parlement de Paris et son auteur décrété de prise de corps. Le philosophe, prévenu durant la nuit de l’imminence de l’arrêté, s’enfuit de Montmorency avec l’aide du maréchal de Luxembourg : « Nous traversâmes tout le jardin sans dire un seul mot. J’avais une clef du parc dont je me servis pour ouvrir la porte, après quoi, au lieu de remettre la clef dans ma poche je la lui tendis sans mot dire » (Les Confessions, livre onzième).

La porte par laquelle le philosophe quitte Montmorency n’existe plus mais son emplacement est matérialisé rue Saint-Denis.


G comme Genève

« Je suis né à Genève en 1712 » Rousseau entame son autobiographie par une référence à sa ville natale qu’il a quittée dès l’âge de 10 ans. Il retourne à Genève vers 16 ans, afin d’entamer une formation de graveur, mais la sévérité de son maître et le peu de goût qu’il porte à ce travail l’amènent à se promener de plus en plus fréquemment hors des murailles de la ville. Un soir, les portes sont fermées, il quitte alors Genève pour la France.

Rousseau fera régulièrement des voyages dans sa ville natale, il signe ses ouvrages Citoyen de Genève et dédicace son Discours sur l’origine de l’Inégalité « A la République de Genève ». La condamnation Du Contrat social par la cité helvétique affectera grandement le philosophe.


H comme Herbier

«  Dans de grandes et fréquentes herborisations il a fait une immense collection de plantes ; il les a desséchées avec des soins infinis ; il les a collés avec une grande propreté sur des papiers qu’il ornait de cadres rouges. Il s’est appliqué à conserver la figure et la couleur des fleurs et des feuilles, au point de faire de ces herbiers ainsi préparés des recueils de miniatures ». Rousseau juge de Jean-Jacques, Deuxième dialogue

Le Musée Jean-Jacques Rousseau conserve l’un des plus beaux exemplaires de ces herbiers, l'herbier Delessert, à consulter ici


I comme Illumination

La vie de Rousseau bascule en octobre 1749. Rendant visite à son ami Diderot emprisonné à Vincennes, il feuillette un journal dans lequel il découvre la question pour le prix de morale de l’Académie de Dijon : « Si le rétablissement des Sciences et des Arts a contribué à épurer les mœurs ».

« A l’instant de cette lecture je vis un autre univers et je devins un autre homme » (Les Confessions, livre huitième). Rousseau se dit pris d’une « illumination » et participe au concours en rédigeant le Discours sur les Sciences et les Arts. Il remporte le prix en 1750 et entame ainsi sa carrière de philosophe.


J comme Julie

Julie ou la Nouvelle Héloïse est l’unique roman de Rousseau ainsi que son plus grand succès. Il parait en 1761 et connait un triomphe immédiat. Julie est le prototype du personnage romantique, tiraillée entre ses sentiments envers Saint-Preux et ses devoirs conjugaux envers M. de Wolmar, entre la passion et la morale. Les dames s’identifient pleinement à Julie et en oublient d’aller au bal afin de continuer leur lecture.


K comme Keith

George Keith, dit Milord Maréchal, est gouverneur de la principauté de Neuchâtel dont dépend Môtiers, refuge de Rousseau après la condamnation de l’Emile en 1762. Milord devient le protecteur du philosophe en exil, le couchant même sur son testament.

Keith quitte Neuchâtel en 1764, Rousseau en éprouve un intense déchirement : « il ne me reste qu’à souffrir et mourir sur la terre » (Lettre de Rousseau à Keith, vers le 10 avril 1764).

Cependant, Keith prend partie pour l’anglais Hume lorsque celui-ci se brouille avec Rousseau. L’amitié est rompue mais le philosophe gardera toujours Milord Maréchal dans son cœur : « O bon Milord ! O mon digne père ! Que mon cœur s’émeut encore en pensant à vous ! » (Les Confessions, livre douzième).


L comme Luxembourg

Le maréchal de Luxembourg jouit de deux châteaux à Montmorency dont il profite chaque année à la belle saison avec son épouse. Il invite régulièrement Rousseau mais le philosophe repousse ses demandes. Le maréchal se déplace donc en personne pour rencontrer le Genevois : « Enfin, un après-midi, que je ne songeais à rien de moins, je vis arriver M. le Maréchal de Luxembourg suivi de cinq ou six personnes. Pour lors, il n’y eut plus moyen de m’en dédire…» (Les Confessions, livre dixième)

Une profonde amitié commence et le maréchal aidera à la fuite de Rousseau lors de sa condamnation en 1762 (voir lettre F).


M comme Mont-Louis

Rousseau brouillé avec Mme d’Epinay, cherche un nouveau logement : « … M. Mathas procureur fiscal de M. le prince de Condé entendit parler de mon embarras. Il me fit offrir une petite maison qu’il avait à son jardin de Mont-Louis à Montmorency. J’acceptai avec empressement et reconnaissance.» (Les Confessions, livre neuvième).

Le philosophe profite du cabinet du fond de jardin, le « Donjon » pour y écrire ses plus grandes œuvres : la Nouvelle Héloïse, la Lettre à d’Alembert sur les spectacles, Emile ou de l’Education, Du Contrat social.

Condamné pour l’Emile le 9 juin 1762, Rousseau est forcé de fuir la maison des « […] jours qui ont fait le vrai bonheur de ma vie » (Lettre de Rousseau à M. de Malesherbes, le 26 janvier 1762).


N comme Notre-Dame

Angoissé et confronté à l’indifférence de ses contemporains, Rousseau rédige en 1776, les Dialogues, dans lequel il tente de se justifier.

Il souhaite déposer son manuscrit « A la Providence » sur l’autel de Notre-Dame de Paris : « Ne pouvant plus me confier à aucun homme qui ne me trahît, je résolus de me confier uniquement à la Providence et de remettre à elle seule l'entière disposition du dépôt que je désirais laisser en de sûres mains. » (Rousseau juge de Jean-Jacques, histoire du précédent écrit).

Malheureusement, la grille de l’autel est fermée, Rousseau conserve donc son manuscrit avant de le confier à Condillac. Le manuscrit est présenté dans l’exposition Rousseau, passionnément.


O comme Orangerie

Durant les travaux du Petit Mont-Louis, Rousseau est accueilli par le maréchal de Luxembourg au Petit château de Montmorency. A proximité, s’élève l’orangerie du parc dans laquelle sont rangés les orangers durant l’hiver. Créée par Oppenord au début du 18ème siècle, elle présente une façade incurvée ornée de rocaille. Depuis la terrasse du château, le philosophe profite des effluves des arbres : « C’est dans cette profonde et délicieuse solitude […] au parfum de la fleur d’orange je composai dans une continuelle extase le cinquième livre de l’Emile » (Les Confessions, livre dixième).

L’orangerie est aujourd’hui le Conservatoire Grétry, école de musique et de danse de Montmorency.


P comme Panthéon

Du 9 au 11 octobre 1794, un cortège est organisé pour le transfert du corps de Rousseau d’Ermenonville au Panthéon. L’ancienne église Saint-Geneviève, transformée en Temple des Grands Hommes à la Révolution, accueille déjà les corps de Mirabeau et de Voltaire.

Une grande fête est organisée durant plusieurs jours pour célébrer la panthéonisation du philosophe. La foule escorte le défunt depuis Ermenonville, il passe par Montmorency rebaptisé Emile et s’arrête à l’Ermitage. Il repart pour Paris, le corps est présenté sous un temple à l’antique au jardin des Tuileries. La dépouille est enfin menée dans la crypte du Panthéon ou elle repose en face de celle de Voltaire.


Q comme Quentin de La Tour

Maurice-Quentin de La Tour et Jean-Jacques Rousseau se lient d’amitié au début des années 1750. En 1753, le pastelliste présente au Salon de peinture le portrait de Jean-Jacques Rousseau, citoyen de Genève. Il lui offre lors d’une visite au Mont-Louis en 1759.

Lors de son exil à Motiers, Rousseau reçoit un nouvel exemplaire de son portrait :

« Il ne me quittera point, Monsieur, cet admirable portrait […] et ce qui me flatte le plus dans cette idée est qu’on s’y souviendra toujours de notre amitié » (Lettre de Rousseau à Quentin de La Tour, le 14 octobre 1764.)

Ce second portait est aujourd’hui conservé au Musée Jean-Jacques Rousseau.


R comme Rameau

Rousseau, autodidacte, apprend la composition musicale sur le Traité de l’harmonie de Jean-Philippe Rameau. Monté à Paris, il souhaite lui présenter une de ses créations, les Muses galantes, qu’il fait jouer au salon de M. de la Pouplinière en 1745.

Rameau est extrêmement critique sur l’œuvre : «  Rameau commença dès l’ouverture à faire entendre par ses éloges outrés qu’elle ne pouvait être de moi […] Il m’apostropha avec une brutalité qui scandalisa tout le monde » (Les Confessions, livre septième)

Quelques années plus tard, ils s’opposeront violemment dans la « Querelle des Bouffons », Rameau prenant partie pour la musique française tandis que Rousseau défendra la musique italienne.


S comme Sentiment des citoyens

En 1764, un pamphlet anonyme d’une rare violence contre Rousseau parait à Genève. Ce petit texte est l’œuvre de Voltaire, il appelle à la condamnation à mort du Genevois : « il faut lui apprendre que si l’on châtie légèrement un romancier impie, on punit capitalement un vil séditieux »

Rousseau fait publier à ses frais l’ouvrage, auquel il ajoute des commentaires visant à contrer les attaques personnelles. Il ne soupçonnera jamais Voltaire d’être l’auteur du libelle.

L’exemplaire du Sentiment des citoyens, annoté par Rousseau est conservé au Musée Jean-Jacques Rousseau.


T comme Thérèse

Jean-Jacques rencontre Thérèse Levasseur à Paris dans les années 1743- 1744. Elle est lingère à l’hôtel Saint-Quentin à Paris où réside le Genevois. Ils s’attachent l’un à l’autre : « Je n’avais cherché d’abord qu’à me donner un amusement. Je vis que j’avais plus fait et que je m’étais donné une compagne. » (Les Confessions, livre septième)

Thérèse suit le philosophe à Montmorency puis durant son exil en Suisse et en Angleterre. Rousseau, qui ne désirait pourtant pas se marier, décide de l’épouser  en 1768.

Casanova rapporte dans ses Mémoires  la présentation de Thérèse par Rousseau au prince de Conti : « C’est un être qui n’est ni ma femme, ni ma maîtresse, ni ma servante, ni ma fille ; elle est tout cela »

Thérèse est reconnue « Veuve Rousseau » à la Révolution. Elle décède en 1801.

Retrouvez le portrait de Thérèse par Baader ici.


U comme Urologie

« J’étais né presque mourant » (Les Confessions, livre premier)

Rousseau souffre de graves problèmes urinaires depuis son enfance.  Il souffre intensément et doit utiliser des sondes en porcelaine. En 1761, l’une d’elles se brise dans l’urètre du philosophe, la douleur est si intense que Rousseau pense ne pas y survivre. Il est sauvé par l’intervention du Frère Côme, chirurgien.

Ces difficultés de santé le conduisent à se faire confectionner un habit large chez un tailleur arménien de Montmorency qu’il reçoit à Motiers. Ce grand manteau lui permet de dissimuler ses sondes, impossible à cacher dans un vêtement à la française.


V comme Venise

Rousseau arrive à Venise le 4 septembre 1743, il est engagé comme secrétaire de l’ambassadeur de France. Il travaille activement aux relations diplomatiques de la cité lacustre et profite des multiples pièces de théâtres et des concerts dans les églises et à l’opéra.

Charmé par la musique italienne, il rentre en France en août 1744, en ardent défenseur du style italien. Son parcours diplomatique lui a permis de mieux connaître les systèmes politiques, expérience dont il se servira pour la rédaction du Contrat social.

Rousseau déplore néanmoins la corruption omniprésente dans la cité des Doges où « le vice et la fourberie sont sur leur trône » (Considérations sur le gouvernement de Pologne).


W comme Warens

Fuyant Genève en 1728, le jeune protestant Jean-Jacques Rousseau rencontre le curé de Confignon qui lui propose d’être accueilli par une certaine Mme de Warens s’il accepte de se convertir au catholicisme. Rousseau la rencontre devant l’église d’Annecy le dimanche des Rameaux, il s’attend à une vieille bigote décharnée, et non à la belle jeune femme de 29 ans qui le reçoit.

Mme de Warens devient plus qu’une protectrice pour le jeune homme, la surnomme « Maman », elle l’initie à la musique, la botanique et l’amour.

Rousseau vit près de 10 ans en sa compagnie, à Annecy puis à Chambéry. Dans les Confessions, il présente cette période de sa vie comme un âge d’or.


X comme Xénophon

Afin d’édifier son jeune élève, le précepteur de l’Emile enseigne les grandes phrases des penseurs de la Grèce antique. Xénophon, philosophe et chef de la milice grecque nommée les Dix-mille, est pour Rousseau, une source de sagesse et de morale virile. Il aurait honoré la mort de ses propres soldats par cette phrase : « Ils moururent, irréprochables dans la guerre et dans l’amitié ».


Y comme Yverdon

Condamné pour l’Emile en 1762, Rousseau fuit Montmorency et se réfugie à Yverdon, cité dépendante de Berne. Le 15 juin, Rousseau écrit au maréchal de Luxembourg : « Enfin j’ai mis le pied dans cette terre de justice et de liberté qu’il ne fallait jamais quitter». (Lettre de Rousseau au maréchal de Luxembourg, le 15 juin 1762)

L’illusion est de courte durée, le Sénat de Berne expulse le philosophe dès le 1er juillet. Rousseau quitte la ville pour Môtiers le 9 juillet.


Z comme Zulietta

En 1743, Rousseau est secrétaire de l’ambassadeur à Venise. Il résout une délicate affaire diplomatique au sujet d’un navire français, injustement tenu à la quarantaine.

En remerciement, le capitaine du bateau offre au jeune secrétaire une soirée avec Zulietta, célèbre prostituée, « aussi charmante que vive, une brunette de vingt ans au plus ». (Les Confessions, livre septième)

Malheureusement, au comble de l'excitation, Rousseau ne parvient pas à ses fins. Il en est dépité et cherche sur le corps de cette "divinité" un défaut caché qui pourrait expliquer sa défaillance. Il s'aperçoit « [...] qu'elle avait un téton borgne » et pousse la stupidité jusqu'à lui en parler. La belle le congédie en lui conseillant d’arrêter de courtiser les dames et de retourner étudier les mathématiques.


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