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Le connétable Anne de Montmorency- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency

Histoire de Montmorency

  1. Du castrum au castellum
  2. Un grand marché régional
  3. De la baronnie à la duché-pairie
  4. Les châteaux et le parc de Montmorency
  5. Jean-Jacques Rousseau à Montmorency
  6. Montmorency sous-préfecture et chef-lieu de canton
  7. Montmorency aujourd hui
  8. Texte à télécharger en Pdf

Du castrum au castellum

A quinze kilomètres au nord-ouest de la capitale, s'ouvre une vallée dont le seuil est barré par une retenue d'eau. Dominée par un promontoire rocheux, son flanc nord est protégé par une colline boisée.

Forêt, butte, vallée ont un point commun. Elles portent le nom d'une des familles les plus illustres de l'histoire de France, les Montmorency, qui furent jusqu'en 1632 les maîtres de céans. Pour être exact, le nom du lieu est antérieur à l'arrivée de son premier seigneur. Composé de deux éléments, un préfixe à caractère topographique Mons (le mont) et un anthroponyme Maurentius, il désigne probablement l'agriculteur Morency (forme germanisée de Maurentius) qui cultivait, à l'époque carolingienne, un lopin de terre au pied du mont. Dès l'origine, Montmorency  est surmonté d'un château primitif entièrement construit en bois, le castrum : une simple tour carrée protégée par une chemise circulaire, au sommet d'une motte naturelle dont la base est fermée par une seconde palissade circulaire.

Cette fortification, hautement stratégique, s'imbrique dans un système défensif établi par Robert le Fort, ancêtre des Capétiens, pour contenir les incursions normandes. Lorsque le roi Robert II le Pieux, au tout début du XIe siècle, remet à Bouchard le Barbu le castrum, celui-ci est détruit. Le nouveau titulaire, qui, dès lors, s'intitule Bouchard de Montmorency, s'engage à le remettre en état.

Fils de Bouchard de Bray, petit baron de Haute-Seine, et petit neveu de Gautier Ier, évêque de Sens, Bouchard le Barbu est chassé du Sénonais entre 959 et 968. Vers 975, il est au service de Hugues Capet. Le futur premier roi capétien, qui n'est encore que duc de France, lui donne un fief, la forteresse de l'Ile-Saint-Denis, et une épouse, la veuve du chevalier qui avait en garde ladite forteresse. Usant et abusant de la position stratégique de cette dernière, Bouchard détourne à son profit les péages sur les marchandises qui transitent sur la Seine pour alimenter la foire du Lendit, propriété de la puissante abbaye royale de Saint-Denis. Ses trop nombreuses exactions, auxquelles s'ajoutent des incursions de plus en plus nombreuses sur les terres abbatiales, finissent par indisposer l'abbé.

Celui-ci se plaint auprès du roi et réclame son intervention. En 988 (ou en 997) Robert II, le successeur désigné de Hugues Capet, propose au bouillant chevalier l'attribution d'un territoire proche de la fontaine Saint-Valéry, c'est-à-dire la colline de Montmorency, s'il  met fin à ses attaques contre l'abbaye. Bouchard, tout en acceptant la proposition, ne donne aucun engagement sur la condition émise par le roi. De fait, l'accroissement de la châtellenie de Montmorency se fera le plus souvent par incorporation des territoires dionysiens. Querelles, procès et coups de mains ne cesseront qu'en 1295, lorsque les deux parties auront échangé leurs enclaves territoriales respectives.

Tel est le point de départ de la longue saga d'une famille qui donnera six connétables, douze maréchaux et quatre amiraux à la France et qui exercera sa suzeraineté sur un vaste domaine comprenant d'un seul tenant trente-et-une paroisses dont les limites sont l'Oise et la Basse forêt de Montmorency (forêt de l'Isle-Adam) au nord, Belloy-en-France et Puiseux-en-France à l'est, la Seine et l'Ile-Saint-Denis au sud, Franconville et Taverny à l'ouest, et dont le chef-lieu est le « chastel de Montmorency. »

Dès son arrivée, Bouchard réorganise son nouveau domaine. Tout d'abord simple résidence fortifiée ne pouvant abriter que le seigneur et sa mainie, le castrum de Montmorency est entouré d'une enceinte à l'intérieur et aux abords immédiats de laquelle les tenanciers peuvent en toute sécurité exploiter la terre.

Au cours des XIIe et XIIIe siècle, le développement urbain de Montmorency est considérable. Des masures s'érigent peu à peu, dans et hors les murs, sur la partie septentrionale de l'éperon rocheux. A tel point que vers 1205 le castrum prendra l'appellation de castellum, indiquant la présence d'un village fortifié.

Un grand marché régional

Dans le même temps la fonction agricole et défensive du bourg s'amenuise au profit d'une nouvelle vocation à caractère commercial.

A priori mal placé, au centre d'un étroit village aux rues pentues et peu accessible du fait de son éloignement de tous grands axes de communications - seule la voie reliant Argenteuil à Groslay, puis à la route de Beaumont, le traverse dans toute sa longueur d'ouest en est -, le marché de Montmorency attire néanmoins chaque mercredi de nombreux bourgeois de Pontoise, d'Argenteuil et de Villeneuve-la-Garenne. La raison en est que contrairement aux autres marchés, celui de Montmorency offre une extrême diversité de produits : alimentaires (pain, vin, légumes et fruits) ; manufacturés (outils et ustensiles viticoles, clous, faucilles, futailles) ; textiles (laines,  draps) ; bétails (ovins, bovins, porcins).

Montmorency devient un centre urbain régional de première importance qui abrite tous les corps de métiers : maçons, serruriers, forgerons, cerciers, tonneliers, cabaretiers, hôteliers…

Le développement religieux

De nombreuses congrégations religieuses s'y implantent. En 1257, les Templiers achètent une maison sise rue de l'Etang, devenue par la suite et de ce fait la rue du Temple. Les possessions de l'ordre, principalement des parcelles de vignes, s'étendront jusqu'à l'Etang-Vieil, rue de la Fosse-aux-Moines.

Un Hôtel-Dieu, c'est-à-dire un hospice, est fondé en 1207. Pris en mains par les Mathurins-Trinitaires en 1601, c'est l'ancêtre de notre actuel hôpital intercommunal.

Montmorency est aussi le siège de plusieurs juridictions. Le siège du bailliage de la baronnie (tribunal de justice) y est fixé en 1303, tandis que l'hôtel de la prévôté (hôtel de police) est érigé en 1369.

De puissants remparts semblaient protéger la ville. Mais les nombreuses attaques qu'elle dut subir au cours de la guerre de Cent Ans (Jacques en 1356, Anglais en 1358 et 1381, duc d'Orléans en 1411), puis lors des guerres de religion (dernières campagnes des ligueurs en 1589), les mirent à mal. Les quelques vestiges encore visibles de nos jours semblent datés du XVe siècle.

A l'origine le mur d'enceinte est percé de quatre portes : la porte Bague, dite encore des Feuillants ou Saint-Jacques, au débouché de l'actuelle rue Jean-Jacques Rousseau sur la place des Cerisiers (démolie en 1833) ; la porte Jonvelle donnant sur la place du Château-Gaillard (démolie en 1810) ; la porte de la Geôle, à l'angle des rues du Temple et du Docteur Millet ; la porte Notre-Dame, à l'angle des rues Notre-Dame et Le Laboureur, qui protège l'église paroissiale. Cet édifice d'époque romane sera désaffecté pendant la Révolution puis reconverti en logements d'habitation.

De la baronnie a la duché-pairie

Malgré ses malheurs, Montmorency demeure une paroisse assez prospère et son terroir est bien mis en valeur. La vallée est consacrée à la culture du blé et du froment, les coteaux sont voués à la vigne et aux arbres fruitiers, pommiers poiriers, pruniers, bien évidemment cerisiers, mais aussi abricotiers, pêchers et figuiers. Sur les Champeaux, autrement dits petits champs conquis sur la forêt après essartage, on ne peut produire que du seigle, de l'orge et de l'avoine.

L'industrie naissante est également présente puisque les premières plâtrières sont ouvertes et que la forêt est exploitée intensivement : bûcherons, charbonniers, cerciers, pâtres forment des communautés relativement nombreuses.

Montmorency s’enrichit et s’embellit. Son seigneur, le baron Guillaume, tout en conservant la chapelle privée du château, veut remplacer la vieille collégiale familiale par un édifice digne de sa noble lignée et susceptible de recevoir leurs tombeaux. Les travaux sont entrepris vers 1520 et s’interrompent provisoirement dans la deuxième moitié du 17e siècle avec l’élévation d’une façade sans style. Il faudra attendre 1910 pour que l’édifice, en recevant sa façade définitive, son clocher et sa nouvelle sacristie, soit entièrement achevé.

  

 

En 1617, la collégiale est confiée aux pères de l'Oratoire. Ils élèvent alors un immense collège qui assurera la formation des jeunes prêtres. Le père Cotte, "l'inventeur" des eaux sulfureuses d'Enghien et le père de la météorologie moderne, en sera l'élève puis le directeur. Seul le réfectoire de l'édifice démoli à la Révolution subsiste ; il a été transformé en maison d'habitation.

Avec le règne du roi Henri II, fils et successeur de François Ier, la puissance des Montmorency est à son apogée. En 1551, la baronnie du connétable Anne, le cinquième de la famille dans cette dignité, est érigée en duché-pairie.

Mais en 1632, avec la rébellion du duc Henri II, la famille connaît un déclin certain, déclin qui aura des conséquences sur le devenir de Montmorency. En premier lieu, le duc Henri II, qui est décapité à Toulouse, est le dernier Montmorency en tant que seigneur de la ville et du duché. En second lieu, le domaine passe aux mains du duc Henri II de Bourbon, prince de Condé et premier prince du Sang, en tant qu'époux d'une des trois sœurs du défunt rebelle, Charlotte Marguerite de Montmorency. C'est à la suite de ce transfert patrimonial que la ville, comme le duché, connaîtront tant de variations dans leur appellation.

Tout commence en 1689, lorsque Henri Jules de Bourbon, qui est encore titré duc de Montmorency, obtient que son domaine soit appelé duché d'Anguien. En contre partie, le maréchal François Henri de Montmorency-Luxembourg, relève le titre de duc de Montmorency en le reportant sur le duché de Beaufort en Champagne. Dès lors, duché et cité, puis cité seule, subiront pendant plus de cent quarante ans sept changements d'appellation. Le fait est assez  rare pour qu'il soit détaillé :

            - Anguien : 1689-1790 ;

            - Montmorency : 1790-1793 ;

            - Emile : 1793-1813 ;

            - Montmorency : 1813-1815 ;

            - Enghien : 24/01/1815-20/03/1815

            - Montmorency : 21/03/1815-08/07/1815

            - Enghien : 1815-1832 ;

            - Montmorency : depuis le 27 novembre 1832.

Les châteaux et le parc de Montmorency

La grande époque des « châteaux » de Montmorency débute en 1629. Cette année-là, Nicolas Desnots, bourgeois de Paris et trésorier des bâtiments du roi, reçoit en don une mare dénommée « l'étang-vieil », au pied de la butte Saint-Martin, avec l'autorisation du duc de Montmorency de l'enclore avec les terres qu'il possède déjà. C'est ainsi que prend forme le « parc de Montmorency » ; Desnots le dote de bassins, de cascades et de jets d'eau.

 

En 1670, Charles Le Brun, premier peintre du roi Louis XIV, acquiert dans le voisinage du parc de Desnots quelques terres sur lesquelles il bâtit sa maison de campagne (le « petit château »). En 1673, il agrandit sa campagne en achetant le parc et la maison de Desnots. Le « parc de Montmorency » occupe alors tout le fond du vallon, depuis la rue des Granges jusqu'à l'actuelle place Charles Le Brun

    

En 1702, Pierre Crozat, un richissime financier toulousain, acquiert le domaine et l'agrandit tout aussitôt. Et en 1709, il fait élever une nouvelle maison de campagne (le « grand château »), le long de l'actuelle avenue Charles de Gaulle. Le parc, entièrement recomposé, est à son apogée. En 1719, il s'orne d'une magnifique orangerie semi-circulaire. Le « petit château », après transformations, offre des appartements aux nombreux hôtes qui villégiaturent alors à Montmorency.

De cet ensemble monumental il ne reste que l'orangerie (actuel Conservatoire de musique et de danse de Montmorency).

En 1750, le maréchal Charles François de Montmorency-Luxembourg, un descendant de la branche aînée des Montmorency, parente de celle des anciens seigneurs de Montmorency, devient usufruitier du domaine. Le château de Crozat prend alors, et gardera, le nom de château du Maréchal de Luxembourg. A la mort de ce dernier, en 1764, son épouse Madeleine Angélique de Boufflers quitte Montmorency. Le domaine passe alors de mains en mains.

En 1791, Jean Nicolas Guesdon, qui est agent de change à Paris, transforme le jardin "à la française" en parc "à l'anglaise". Des trois maisons qu'il contenait, outre l'orangerie, il ne conserve que celle de Crozat.

En 1811, le domaine connaît encore quelques heures fastes avec le comte Antonio Aldini, ministre du royaume d'Italie auprès de Napoléon Ier. La chute de l'empire consacre celle du parc. Aldini, couvert de dettes, le laisse à l'abandon. Racheté en 1817 par Durand Bénech, le château sert de carrière de pierres et le domaine est loti.

Vers 1878,  le banquier Isaac Sée achète une bonne partie de l'ancien parc et commence la construction de l'actuel château et de ses communs, à proximité du château disparu, et à l'emplacement exact des anciennes écuries. En 1886, Charles Maurice Camille de Talleyrand-Périgord, duc de Dino, devient propriétaire du château et le conserve jusqu'en 1904.

Jean-Jacques Rousseau à Montmorency

Bien que n'ayant séjourné qu'un court moment de sa vie dans notre ville, d'avril 1756 à juin 1762 - soit six ans et deux mois -, le souvenir de ce grand personnage y laissera une empreinte si forte que de nos jours encore le nom de Montmorency est associé à celui de Jean-Jacques Rousseau. Cette relation si intime mérite qu'on s'y arrête quelques instants.

Désirant fuir Paris, le philosophe se trouve attiré par la beauté sauvage de Montmorency. Madame d'Epinay, avec laquelle il s'était lié d'amitié, lui offre l'asile d'une petite « bicoque » appelée l'Ermitage, sise dans un hameau excentré et à l'orée de la forêt de Montmorency. Jean-Jacques y demeure du 9 avril 1756 au 15 décembre 1757. S'étant fâché avec sa protectrice, il loue au procureur fiscal du duché d'Enghien une  maison rustique, délabrée et sans aucun confort, appelée Mont-Louis. Se réfugiant dans un petit pavillon de jardin niché au bout d'une allée solitaire, sans chauffage et ouvert à tous les vents qu'il nomme son « donjon », il rédige sans doute les plus belles et les plus importantes pages de son œuvre : la Lettre à d'Alembert, mais surtout Emile et le Contrat social. Surplombant son jardin, une belle maison de deux étages est occupée par deux prêtres jansénistes qui admirent leur voisin. Ils deviennent amis, mais Jean-Jacques se brouille et rompt toute relation, les accusant de colporter par la ville ses faits et gestes : leur maison devient « la maison des Commères. »

Cependant, le Mont-Louis a besoin de réparations. Jean-Jacques, incessamment sollicité par le maréchal de Luxembourg qui ne rêve que de devenir son ami, accepte au printemps 1759 l'invitation de ce dernier de loger, tant que dureront les travaux, dans le petit château du parc. C'est encore le maréchal qui avertit le 8 juin 1762 le philosophe de sa prochaine prise de corps par le Parlement de Paris et c'est lui qui organise sa fuite : on peut encore voir la porte dérobée donnant sur la rue de Saint-Denis devant laquelle une chaise de poste attendait le proscrit à l'aube du 9 juin.

Mont-Louis, « Donjon » et Maison des Commères ont été réunis dans un ensemble qui constitue désormais le musée Jean-Jacques Rousseau. Cette maison d'écrivain est la fois un musée littéraire, un centre d'études rousseauistes et un centre de documentation historique.

Avec l'arrivée de Jean-Jacques, une brillante société fréquente assidûment Montmorency, dont les restaurants, telle la célèbre auberge du Cheval blanc, accueillent chaque dimanche des familles entières. Il faut voir là l'origine d'une mode qui surtout depuis la Restauration fera de cette petite bourgade provinciale un lieu privilégié de promenades, à dos d'âne et de cheval, dans la forêt, et de villégiature. Hommes de lettres, musiciens, peintres, hommes politiques, mais aussi réfugiés des révolutions avortées d'Europe centrale (Hongrois et Polonais), auxquels se joignent hauts fonctionnaires, chefs d'entreprises, aristocrates fortunés, s'y installent pour la belle saison, puis en permanence.

Montmorency sous-préfecture et chef-lieu de canton

Avec les réformes administratives entreprises au cours de la Révolution la cité des ducs perd son statut de chef-lieu de duché Elle devient simple chef-lieu d’arrondissement du département de Saint-Germain qui, avec celui de Corbeil, constitue l’Ile-de-France. Lors de la création des quatre-vingt-trois départements français, eux-mêmes subdivisés en districts, Montmorency est provisoirement incorporé au district de Gonesse, tout en conservant le siège du tribunal.

Les districts sont supprimés en 1795. Montmorency devient un chef-lieu de canton qui regroupe vingt-et-une communes et qui dépend de l’arrondissement de Pontoise, sous-préfecture de Seine-et-Oise, dont la préfecture est sise à Versailles.

Dernière grande réforme en 1964 : le département de Seine-et-Oise est partagé en six départements. Montmorency est élevé au rang de sous-préfecture du département du Val d’Oise, dont la préfecture est transférée à Cergy-Pontoise. Montmorency est également un chef-lieu de canton qui regroupe deux communes : Montmorency et Groslay.

Faiblement industrialisé – seuls les Champeaux sont exploités en carrières de pierres et en briqueteries ; le Trou-au-Loup et les Cornouillers en plâtrières -, Montmorency accroît son caractère résidentiel dès 1860 et voit se créer de tous côtés des lotissements de luxe dans ses anciens et vastes parcs. Cet essor de la ville est en grande partie dû à Emilien Rey de Foresta, maire de 1865 à 1880.

  

La création du chemin de fer qui, de 1866 à 1954, relia Montmorency à la gare d'Enghien et à Paris est l’une de ses principales œuvres. Cette petite ligne de 3 km, dite du Refoulons, abordant la ville par son flanc ouest, bien qu'imparfaite et mal entretenue, attira une foule considérable de promeneurs tout au long de son existence. Les quartiers sud et est reçurent également en 1897 leur voie ferrée : le tramway de la Compagnie des tramways électriques de Montmorency - Enghien - Saint-Gratien. Lui aussi est imparfait. Pendant plus de dix ans son terminus est fixé dans le cul-de-sac du Fond-de-Clairvaux (à l'angle des rues Le Laboureur et des Haras) et pour atteindre le centre-ville, il faut grimper à pied la très pentue rue de Clairvaux. En 1910 enfin, il « monte » jusqu'à la place Saint-Jacques (place des Cerisiers) et fonctionnera jusqu'en décembre 1935, tout en subissant de nombreuses et rocambolesques vicissitudes. Train et tramway seront remplacés par des lignes d'autobus.

Montmorency aujourd hui

De nos jours, Montmorency présente le visage d'une paisible commune de banlieue de 21 000 habitants qui a réussi, globalement, à maîtriser son développement urbanistique. Ses trois principaux quartiers, les Champeaux, le centre-ville et le Bas-Montmorency, autrefois complètement isolés les uns des autres - à tel point que ce dernier quartier revendiquera pendant longtemps sa « sécession » et son rattachement à Enghien -, sont maintenant bien homogènes malgré leur disposition particulière. Chacun d'eux est en effet implanté sur un plateau : le premier culmine à 170 m, le second a une hauteur moyenne de 130 m et le dernier n'excède pas 60 m. Une dénivellation de 30 à 40 m sépare ces trois paliers qui s'étendent sur 5 km de longueur pour seulement 850 m de largeur moyenne.

Toujours peu industrialisée, mais disposant d'une zone artisanale récente qui regroupe de petites entreprises tournées vers le service et la distribution, la ville veut se démarquer de la simple cité dortoir en offrant à ses habitants un cadre privilégié où nature et édifices anciens sont mis en valeur. On y dénombre en effet dix sites protégés : le parvis de la collégiale, le parc de la mairie, la Châtaigneraie, l'Ermitage et ses abords, les places de la Liberté et de Verdun, la sente des Quatre-Sous, le bas du boulevard d'Andilly et la rue Saint-Victor ; et pas moins de quatre monuments historiques : la collégiale Saint-Martin, le Mont-Louis, l'Orangerie et le château du duc de Dino.

Riche de ce passé prestigieux, Montmorency veut maintenir la tradition en développant autour de sa MLC, sa bibliothèque, son musée et son école de musique et de danse, une importante activité culturelle scientifique, mais aussi pédagogique. Animations et spectacles, conférences-débats, expositions et colloques internationaux, concerts rythment la vie d'une ville où, à quelques kilomètres seulement de la capitale, il fait bon vivre.

Michel Rival

Bibliographie :

Baillargeat (René), L'église collégiale Saint-Martin de Montmorency, 1959 (*)

Bedos (Brigitte), Anne de Montmorency, seigneur de la Renaissance, 1990

Bedos (Brigitte), La châtellenie de Montmorency des origines à 1368, 1980 (*)

Bedos (Brigitte), Histoire de Montmorency : le Moyen-Age, 1979

Montmorency, revue illustrée des communes de France, 1910 (*)

Rival (Michel), Les Montmorency, seigneurs de Montmorency, 1995

Rival (Michel), Le Refoulons ou le chemin de fer d'Enghien à Montmorency, 1989

(*) Ouvrages épuisés consultables à la Bibliothèque d'études rousseauistes.

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