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Plan de Montmorency dit plan Condé-18e siècle-Musée  Jean-Jacques Rousseau-Montmorency.jpg

Chronologie des parcs de Montmorency

  1. Le parc de Montmorency
  2. Le parc de l Orangerie
  3. Le petit et le grand parc

Le parc de Montmorency

22 décembre 1629

Donation signée de Henri II, duc de Montmorency, en faveur de Nicolas Desnots, conseiller du roi, trésorier général des bâtiments du roi, concernant une ancienne « fourcière à poissons » (vivier) appelée Etang vieil que le bénéficiaire joint au lopin de terre qu'il possède déjà au pied de la collégiale Saint-Martin et à proximité de laquelle il se fait construire une maison de campagne de 8 pièces sur 2 étages.

1629-1635

Desnots acquiert des parcelles de terre qu'il réunit à l'Etang vieil pour former un jardin d'agrément sur le modèle italien au fond du vallon dans lequel il établit :

- un bassin de réception des eaux de la source Saint-Valéry dans le haut du parc ;

- une glacière, également dans le haut du parc ;

- une grotte d'où jaillissent des fontaines d'eau vive à mi-pente ;

- un grand bassin trapézoïdal ou grand canal à l'emplacement de la vielle mare.

1637

Desnots acquiert un fief de 10 ares jouxtant l'église paroissiale Notre-Dame et dénommé fief du Pressoir, puis fief de Thionville. Desnots et ses successeurs deviennent seigneurs de Thionville.

1668/1669,

Mort de Desnots : le parc est racheté par Nicolas Fardoil.

1670

Propriétaire de quelques pièces de terre, séparées du domaine de Desnots par le grand chemin de Paris à Montmorency, Charles Le Brun, Premier Peintre du Roi et directeur de la Manufacture royale, construit sa maison de plaisance dans le prolongement des cascades et des bassins de Desnots.

1673

Le fils de Fardoil revend le domaine à Charles Le Brun qui agrandit sa maison de campagne :

- sur la façade côté parc, les deux ailes encadrant l'avant-corps en péristyle ajouré de 2 étages sont prolongées par des escaliers extérieurs droits ;

- deux avant-corps à pans coupés sont plaqués sur la façade occidentale ;

- une chapelle, 2 salles à manger, de grandes chambres d'apparat dont une chambre indienne sont aménagées.

1675

Le Brun obtient l'autorisation de réunir les deux parties de son domaine en détournant le grand chemin de Paris et en créant les actuelles rues de Saint-Denis et du Temple.

Il reprend l'ensemble du système hydraulique et creuse de nouveaux bassins dont le total passe au nombre de 5 dont 2 reliés par 14 petites cascades ; le plan de la grotte est lui aussi modifié. Les parterres sont redessinés : Le Brun y fait placer des arbres exotiques en caisse  (orangers, lauriers roses, grenadiers) et des statues (dont deux du sculpteur Sarrazin).

1679

Le Brun reçoit de nombreuses visites dont la plus célèbre est celle du prince de Condé, accompagné de La Rochefoucault et de Bossuet, relatée par Le Mercure galant :

"On y fit jouer toutes les eaux dont ils admirèrent les beautés. Ils furent surpris d'y voir tant de canaux, de fontaines, de cascades, de grottes et surtout un grand canal qui est devant la façade de la maison du côté du jardin.

Son altesse sérénissime se promena en bateau sur le canal et y reçut le divertissement d'une fort agréable symphonie."

1690

Mort de Charles Le Brun. Le domaine reste en indivis entre les mains des héritiers : sa veuve Suzanne Butay et son neveu Charles Le Brun II.

1703-1709

Pierre Crozat, trésorier de France pour la généralité du Haut Languedoc, acquiert le parc de Montmorency, puis l’agrandit en acquérant une quinzaine de parcelles. Le parc atteint sa dimension maximale : environ 15 ha. L'ancien parc Le Brun n'est pas modifié, mais un deuxième axe est ajouté au premier et 4 bassins supplémentaires sont creusés. Les allées rectilignes des jardins « à la française » sont complétées par un quinconce, un boulingrin et des cabinets de verdure.

Dans le même temps, il se fait construire par l’architecte Cartaud dans la partie nouvelle du parc une nouvelle maison de 3 étages plus un entresol qui comporte 14 appartements, une chapelle décorée par le sculpteur Le Gros et un grand salon à l'italienne ovale dont le plafond est peint par La Fosse.

La maison de Le Brun est transformée: les ajouts de 1673 sont supprimés dégageant complètement le péristyle ajouré.

1719

Construction dans  le style Régence de l'orangerie par Oppenordt.

1740

Mort de Pierre Crozat. 10 jours avant de mourir Pierre Crozat, célibataire sans descendance, fait une donation entre vifs à l'aîné de ses neveux, Louis François Crozat, marquis du Châtel.

1750

Mort de Louis-François Crozat.

La nue propriété du parc revient à son petit-fils, Armand louis de Gontaut, duc de Lauzun, qui n’a que 3 ans. L’usufruit est acheté par Charles François de Montmorency-Luxembourg, maréchal de Luxembourg, et son épouse Madeleine Angélique de Villeroi, duchesse de Boufflers.

avril 1759

Pendant la durée des travaux qu’il est obligé d’effectuer au Mont-Louis, Jean-Jacques Rousseau, à l’invitation des Luxembourg s’installe « provisoirement » dans la maison de Le Brun :

"Ce fut dans cet édifice solitaire qu'on me donna le choix d'un des quatre appartements complets qu'il contient [...]. Je pris le plus petit et le plus simple au-dessus de la cuisine que j'eus aussi. Il était d'une propreté (raffinement) charmante, l'ameublement en était blanc et bleu."

juin 1762

Décrété de prise de corps, Jean-Jacques Rousseau s'enfuit en Suisse et ne reviendra plus jamais à Montmorency.

Les Luxembourg délaissent le domaine qui a perdu tout son attrait.

1778

Le prince Louis-Marie de Rohan Guéménée et la princesse Armande Josèphe Victoire de Rohan Soubise acquièrent la nue-propriété du parc.

1784

La maréchale vend son usufruit au prince de Rohan-Guéméné qui revend :

- l'usufruit à Marie Reine Marguerite de Buttault de Marsan ;

- la nue-propriété à sa fille Adélaïde Philippine de Durfort de Lorge.

1791

La pleine propriété du domaine est rachetée par le syndic d'une compagnie d'agents de change, Jean Nicolas Guesdon.

Mal entretenu, le parc est en piteux état : les eaux des fontaines sont taries ou stagnantes, la grotte et les bassins sont en ruines, souillés de ronces et de brouillasses, tout comme les allées et les gazons, les arbres, vieillis, sont courbés à leur sommet.

Guesdon entreprend de profondes modifications :

- destruction de la maison de Desnots ;

- destruction de la maison de Le Brun ;

- comblement de la quasi totalité des bassins, sauf le grand bassin qui est au contraire agrandi et dont les berges sont rendus à l'état sauvage ;

- parc redessiné dans le style anglo-chinois.

1811

Le comte Antonio Aldini, ministre d'Etat du royaume d'Italie, acquiert le parc de Montmorency.

Il fait venir en 1812 un peintre décorateur célèbre, Felice Giani, dont le style enlevé, rapide, fougueux en un mot romantique est apprécié dans les termes suivants par Napoléon : « Peinture guère visible qu'à cheval ».

Chargé de la décoration intérieure de la maison de Crozat, Giani a laissé 3 dessins préparatoires des décorations de plafond, mais surtout 10 croquis du parc.

avril 1813

Visite de l'impératrice Marie Louise nommée régente, juste avant la campagne de Saxe.

avril 1817

Couvert de dettes, Aldini s'enfuit. Le parc est acquis par Durand Bénech, entrepreneur de travaux publics, qui entreprend la destruction du château de Crozat.

fin 1818

Démembrement du parc en 4 grands lots : jardin potager, parc de l'orangerie, grand parc, petit parc.

Le parc de l'orangerie

1820

3 îles artificielles sont édifiées dans le grand bassin.

Le pavillon central de l’orangerie est surélevé d'un étage surmonté d’un clocheton, les ailes sont planchéiées et une double rangée de petites fenêtres remplacent les 8 grandes baies vitrées.

1884

L’orangerie est transformée en pension privée par l’abbé Chalumeau qui divise le parc en 6 lots au milieu desquels il fait percer le boulevard de l'Orangerie.

1886

Le « chalet de l'Orangerie » devient un établissement de plaisir dans lequel on trouve des restaurants, une salle de bal, une salle de concerts, des salles de spectacles, un hôtel, un manège, un parcours boisé, une piste de course et des embarcations sur le lac.

1905

Le parc de l’orangerie, divisé en 32 lots, est mis en vente. L'orangerie est scindée en 2 lots qui sont transformés en appartements. Le lac, asséché, est réduit à une simple mare qui sera asséchée par la suite.

1975

Acquisition de l’orangerie par la ville et inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

1993

Après avoir été rénovée – et non restaurée – l’orangerie abrite l’école de musique et de danse de Montmorency.

Le petit parc

1820

Etienne Aignan établit un pont enjambant la rue des Granges afin de réunir le petit parc au parc de la Grange.

1879

Le petit parc est de nouveau réuni au grand parc dont il suit l'évolution.

Le grand parc

1879

Léopold Sée, banquier parisien, rachète le petit parc et  commence la construction d’un nouveau château.

1886

Sée, ruiné, vend le château à Adèle Linvingston-Stevens.

1887

Adèle Linvingston-Stevens se marie avec Charles Maurice Camille de Talleyrand-Périgord, 4e duc de Dino.

1901

Le château de Dino et le parc sont mis en vente mais ne trouvent pas d'acquéreur.

1903

Projet de rachat par l'Assistance publique qui veut implanter un hôpital pour tuberculeux incurables.

1905

Vente du parc qui est divisé en 7 lots.

Le lot comprenant le château est le plus grand.

1943
Le parc est inscrit à l'inventaire des sites.

1954-1958
Ventes multiples de sous-lots en bordure du grand parc.

1958

l'AFCM acquiert le château et la majeure partie du grand parc.

En 1966 une résidence est édifiée dans celui-ci.

1976

La Vie au grand air acquiert le château de l'AFCM.

1991

La Ville se porte acquéreur du château de Dino.

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