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Le cabinet de verdure- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency
La maison de Rousseau- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency
La chambre de Thérèse Levasseur- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency
Le Donjon de Rousseau- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency
Le petit Mont-Louis au 19e siècle par Lameau- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency
L'Ermitage de Montmorency par JC Nattes- 1806- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency
 Les collections du Musée Rousseau à l'Hôtel de Ville, début 19e siècle- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency

Création du Musée

Des lieux de pèlerinage au « lieu de mémoire »

La présence de Jean-Jacques Rousseau à Montmorency, à partir de 1756, fait de ce petit bourg rural le but de promenade obligé de tous ceux qui tentent d'approcher le Citoyen de Genève. Presque chaque jour, le plus humble comme le plus prestigieux des visiteurs parcourt à pied, en « guinguette » ou en carrosse armorié les quatre lieues qui séparent Paris, cette ville de « de bruit, de fumée et de boue», de la calme colline verdoyante aux rues pentues et sinueuses.

Le départ précipité du proscrit, le 9 juin 1762, transforme Montmorency en lieu de pèlerinage. Quatre sites, plus ou moins accessibles, s'offrent alors à ses admirateurs : le grand parc de Montmorency et ses deux châteaux - le petit et le grand - au pied de la collégiale, l'Ermitage, à l'écart du centre-bourg, le petit Mont-Louis, au cœur du village, la Châtaigneraie, au flanc du coteau qui mène au plateau des Champeaux. Ces quatre sites vont connaître des fortunes diverses.

L’Ermitage, premier « asile » montmorencéen de l'exilé volontaire et haut lieu de « l’excursion » rousseauiste, est transformé et défiguré dans la première moitié du XIXe siècle, agrandi puis réduit à l’état de simple bungalow dans la seconde moitié du même siècle, il disparaît corps et biens en 1956. La châtaigneraie, théâtre des rencontres amoureuses du philosophe et de la dame d'Eaubonne, Sophie d’Houdetot, s'est réduite comme une peau de chagrin. S'étendant à l'origine sur  l’ensemble des coteaux qui dominent le bourg, elle abrita un lieu cher à l'amoureux passionné : le Mont Olympe. C'est à cet emplacement, lieu de rencontre de Sophie et de Rousseau qu’en 1791 est érigé le premier monument public en l'honneur du Montmorencéen le plus illustre. Disloqué sous la Restauration,  « ce monument […] de forme rustique [composé de] pierres brutes, arrangées sans ordre […] dans le milieu duquel est pratiqué un siège de gazon », est remplacé en 1848 par un peuplier suisse, qui survivra jusqu'en 1978, perdant peu à peu sa signification emblématique. De l’ancien bois de châtaigniers il ne subsiste aujourd’hui, suspendu au-dessus du quartier de l’Ermitage, qu’un petit pan de colline qui témoigne des promenades du Solitaire. Menacés à leur tour, ses arbres fiers et magnifiques résistent encore aux agressions urbaines.  

Après la destruction, en 1791, du petit château construit par Charles Le Brun dans lequel le maréchal de Luxembourg avait réservé un appartement à son protégé, et celle, en 1816, du grand château édifié par Pierre Crozat où l'auteur de la Nouvelle Héloïse se rendait chaque matin pour donner lecture de sa « Julie » à la maréchale, le grand parc, ce « paradis terrestre », sera démantelé en 1817.

Reste le Mont-Louis. Difficile d'accès, peu visible de la rue derrière ses murs de chaux et  l’enchevêtrement des maisons voisines, le refuge du grand homme demeure propriété privée et ne s'ouvre pas aux visiteurs. En 1865, l'humble maison rurale est agrandie par l'adjonction d'une excroissance qui la masque sur deux côtés. Ce que ne pouvaient deviner les contemporains de cette défiguration, c'est que, paradoxalement, elle allait sauver ce lieu de pèlerinage et qu'un siècle plus tard celui-ci se transformerait en « lieu de mémoire ».

Une collection sans musée

C’est en voyant disparaître l'un après l'autre les vestiges d'un rousseauisme toujours ardent que les admirateurs du « père de la liberté française» ont émis l’idée de créer un musée où seraient rassemblées « dans un asile » les quelques « rares épaves que le temps a respectées ». L’occasion en est donnée en 1873 lorsque le maire de Montmorency, Emilien Rey de Foresta, entend parler d'une possible vente par un ancien propriétaire de l’Ermitage, Alphonse Huet, du mobilier que celui-ci avait fait authentifier en 1852 lors de son départ de Montmorency pour Paris. Ce mobilier réputé avoir été utilisé par Jean-Jacques Rousseau est cédé gratuitement par Alphonse Huet dans les termes suivants :

« 1° la couche de Rousseau

   2° la table sur laquelle il a écrit sa Nouvelle Héloïse

   3° son baromètre

   4° deux chiffonniers

   5° une petite étagère

   6° 2 bocaux cristal dont Rousseau abritait sa lumière, pour pouvoir lire le soir dans le jardin

   7° la couche de Thérèse »

Malheureusement, les cruelles nécessités du moment (séquelles de la guerre de 1870 et occupation allemande), grèvent encore les finances d'une commune aux revenus modestes : elle ne peut se « donner le luxe d'un monument [sic], si modeste qu'il puisse être. » L’affaire en reste là pendant cinq ans.

Les pérégrinations d’une collection

Ce n’est qu’en 1878 pour que, suite au décès d’Alphonse Huet, ses héritiers proposent à la ville de satisfaire aux dernières volontés du défunt. Emilien Rey de Foresta convainc son conseil municipal d’accepter le legs. Le 20 août, les meubles sont placés dans un « petit cottage » situé au milieu d’un terrain récemment acquis par la ville sur lequel cette dernière projette de construire des écoles et d’établir un jardin public. Malheureusement, l’abandon du projet initial entraîne la suppression du pavillon lors de la réalisation du groupe scolaire (« actuel groupe Pasteur ») entre 1882 et 1887.

Le legs Huet, enrichi de sculptures, d’ouvrages et d’estampes, est entreposé dans l’ancienne école de garçons située face à l’ancienne mairie actuellement connue sous le nom de Justice de paix où il restera jusqu’en 1891, date de la démolition du bâtiment et de l’agrandissement de la place de la Mairie.

Les collections sont reléguées rue Jean-Jacques Rousseau dans un petit pavillon de deux étages, non loin du musée actuel, dont le rez-de-chaussée sert de magasin à pétrole et d’entrepôt. En 1898, prenant conscience du danger de cette situation, la municipalité décide de réaménager les lieux pour en faire un musée digne de ce nom. C’est ainsi qu’est officiellement créé le premier musée Jean-Jacques Rousseau.

Le premier musée

Le magasin à pétrole du rez-de-chaussée est supprimé et le bâtiment est entièrement rénové. Les abords sont convertis en un jardin.  Dans un coin, on plante un surgeon de l’acacia d’Eaubonne témoin des amours  de Rousseau et de Sophie, et en un musée lapidaire dont la pièce maîtresse est le fragment de buste de Rousseau découvert en 1896 dans le jardin de l’Ermitage. L’inauguration a lieu le 8 janvier 1899.

Au premier étage, on a installé le musée dont les collections sont divisées en deux sections : les documents concernant l’histoire de la ville et les documents se rapportant à Rousseau.

La salle du second étage abrite la bibliothèque municipale. Le Musée Jean-Jacques Rousseau et la Bibliothèque municipale vécurent pendant huit ans une vie administrative commune.

Bien que restauré et débarrassé des impedimenta qui l’encombraient, le chalet dans lequel était installé le premier musée de la ville n’en demeurait pas moins « rudimentaire », étroit et humide, d’un accès peu satisfaisant malgré tous les efforts consentis pour en embellir l’entrée. Aussi, dès que la municipalité eut des vues sur le très bel hôtel particulier de la rue Saint-Jacques afin d’y établir la nouvelle mairie, Julien Ponsin, le conservateur du musée, obtient l’autorisation d’y transférer ses collections.

Les collections du premier musée

Parmi les documents historiques on peut citer un écrit autographe d’Henri Ier de Montmorency, un parchemin de 1398 concernant l’hospice, le buste en plâtre du père Cotte et des gravures anciennes. Cette collection initiale est complétée par une petite bibliothèque historique où l’on trouve des lettres manuscrites et des ouvrages se rapportant aux Montmorency, aux Condé, aux Le Laboureur, à Grétry. A côté de ces collections « publiques », on peut également découvrir des objets appartenant à des fonds privés dont ces « collections d’armes et d’objets d’art de M. le duc de Dino », membre actif de l’ancienne société de la bibliothèque populaire et président d’honneur du nouveau conseil d’administration du musée.

Les documents concernant Rousseau sont, quant à eux, répartis en quatre sections correspondant aux « grandes étapes de la vie de Rousseau : les Charmettes, l’Ermitage, le Mont-Louis, Ermenonville. ». Outre le mobilier de l’Ermitage, on trouve un morceau de toile de Jouy représentant une saynète champêtre, le masque mortuaire censé avoir été réalisé par Houdon à Ermenonville, la copie de l’acte de décès de Thérèse Levasseur, des gravures et des plans relatifs aux diverses résidences de Rousseau, une pendule en bronze surmontée d’un buste de Rousseau en habit d’Arménien acquise en octobre 1899.

Dans une petite armoire sont exposées quelques éditions de bibliophilie.

Le deuxieme musée 

C’est au premier étage du nouvel hôtel de ville, dans deux salles étroites que sont redéployées, dès octobre 1906, les collections et matérialisées les deux sections du musée.

A droite, on installe les pièces du Musée Jean-Jacques Rousseau proprement dit. Selon les anciennes pratiques muséographiques, la totalité des documents iconographiques est exposée sur chacun des murs disponibles, y compris sur les portes dérobées.

La pièce de gauche est consacrée au Musée de Montmorency. L’histoire y est décrite en treize panneaux et quatre double-vitrines selon une thématique très précise : d’une part l’ancien Montmorency, ses seigneurs successifs, et ses monuments, d’autre part le nouveau Montmorency et ses « habitants célèbres » parmi lesquels Grétry et les Polonais enterrés à Montmorency.

Inauguré le 7 octobre 1906, le musée reçoit les honneurs ministériels en la personne du sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, M. Dujardin-Beaumetz, qui pour l’occasion offre à la ville deux tableaux.

Cependant, la cohabitation entre musée et services municipaux devenant difficile en raison de l’exigüité des locaux, on demande à René Chapuis, conservateur du musée de 1937 à 1958, de trouver un nouveau lieu pour le musée.

 Un curieux échafaudage

Le manque de place et la volonté de tout présenter au public contraignent le conservateur à encastrer les éléments du mobilier de l’Ermitage les uns dans les autres. Les deux commodes, garnies à chaque extrémité par un photophore et surmontées de la bibliothèque que chapeaute le baromètre, sont placées à l’intérieur d’un des deux bois de lit. Sur une estrade, la table  est placée en avant-poste de cet échafaudage comme pour en protéger le fragile équilibre. La cheminée à la prussienne, encombrée d’une plaque de fonte incongrue, a tout simplement été placée devant un âtre de cheminée, trop petit pour l’accueillir. Les éditions reliées sont placées sur une bibliothèque basse à portée de main des visiteurs qui peuvent également feuilleter quelques volumes mis à leur disposition. Un porte-folio, placé directement sous la fenêtre, permet de consulter les grands documents iconographiques qui n’ont pu trouver place sur les murs.

Le fonds historique

Le musée de la ville se targue de ne conserver « que des choses ayant trait à l’histoire de Montmorency. » On y trouve des témoignages de ce qui a fait autrefois la gloire de Montmorency, les cerises et les ânes, mais aussi les nourrices. Des éléments d’anciens costumes, des instruments agricoles et autres objets usuels rappellent le passé rural, encore récent, du vieux village.

Les pièces « rares » sont d’une extrême diversité : deux herbiers, celui du père Cotte et un second attribué à Jussieu, des autographes, parchemins et fragments de sculptures, vues et portraits, peints ou gravés, bustes, médailles, plaques et sceaux,-dont celui de Louis XVIII joint à la lettre patente datée de 1814 ordonnant que le nom d’Enghien soit substitué à celui de Montmorency- photographies et grands cartons des verrières modernes de la collégiale. L’histoire récente est également présente puisqu’on y trouve des professions de foi politiques de 1792, 1848 et 1869, des photographies d’actualités, des affiches, des cartes postales, des cartes et plans de tout type  et de toutes époques.

Quelque deux cents volumes composent en outre un embryon de bibliothèque historique.

 

L’Installation des collections au Mont-louis

Devant l’abandon du Mont-Louis par son dernier propriétaire en 1936, le maire de la ville aidé de René Chapuis décide son conseil municipal à acquérir la propriété.

Lors de l’acquisition en 1946, dans le but de mener à bien « la restauration, l’aménagement, la conservation et la mise en valeur de la maison dite Le Mont-Louis »,  le Comité du Mont-Louis et des amis de Jean-Jacques Rousseau est créé. A sa tête, deux noms prestigieux confèrent une envergure nationale à l’entreprise : Louis de Talleyrand-Périgord (1867-1951), dernier duc de Montmorency, et Edouard Herriot (1872-1957), ancien président du Conseil et député-maire de Lyon.

Pour faire sortir de la ruine le Mont-Louis - la toiture s’est effondrée et le plancher de la chambre de Rousseau est à refaire complètement - quatre années seront nécessaires. L’appui  de l’Etat français s’étant vite révélé insuffisant,  ces travaux considérables bénéficient de  l’aide généreuse de Genève, sans laquelle ils n’auraient jamais pu être menés à leur terme.

Le transfert des collections de la mairie au Mont-Louis commence le 31 mai 1950 mais l’inauguration officielle du troisième Musée Jean-Jacques Rousseau n’a lieu que le 9 juin 1952. A côté de la « demeure de J.-J. Rousseau » qui lui est entièrement dévolue, deux salles d’exposition ont été aménagées. L’une est consacrée aux seigneurs et à la ville de Montmorency,  l’autre à la période romantique « si chère aux vieux montmorencéens ».

Le musée des années 1970

L’exposition permanente de l’ensemble des documents conservés est encore à la mode. Regroupés par thèmes en de grands panneaux, ils couvrent toutes les surfaces murales disponibles,  ou sont disposés dans de grandes vitrines plates.

- Dans la partie moderne du Mont-Louis :

Au rez-de-chaussée, dans la « salle d’attente », la maquette de la statue de Jean-Jacques Rousseau, œuvre d’Albert et Louis Carrier-Belleuse, accueille le visiteur. Des aquarelles et tableaux d’artistes locaux présentent des vues de Montmorency avant les destructions de 1953. Les Polonais célèbres côtoient la collégiale Saint-Martin, les ânes et les fameuses cerises. La période romantique y est évoquée. Non loin, les anciens conservateurs Julien Ponsin et René Chapuis sont honorés, de même que l’académicien Maurice Levaillant.

A côté, on trouve des vues des lieux portant le nom de Montmorency au Canada, aux Etats-Unis, en Australie et dans… l’Aube.

Dans la « salle de Montmorency » sont survolés « mille ans d’histoire » et quelques uns des personnages les plus connus de la célèbre famille.

A l’étage, la « salle de Genève » illustre cinquante années de la vie de Rousseau depuis son départ de Genève le 14 mars 1728 jusqu’à sa mort à Ermenonville le 2 juillet 1778.

- Dans la Maison de Rousseau :

Au rez-de-chaussée, on pénètre dans la cuisine où sont exposés le baromètre, le buste de Rousseau par Houdon et des vues de la Chevrette (château de Mme d’Epinay à Deuil),  de la fontaine des Haras, ainsi que des reproductions de gravures représentant les amis de Jean-Jacques. Dans la chambre de Thérèse est disposé le lit, « l’unique meuble authentique ». Aux murs, de nombreuses reproductions photographiques et quelques gravures évoquent pêle-mêle les cérémonies du Panthéon, l’arrivée de Mme d’Houdetot à l’Ermitage, « les œuvres originales du maître […] »

Hormis le « lit de Thérèse » tous les autres meubles issus de l’Ermitage se trouvent dans la chambre de Rousseau au premier étage. Là encore, les murs sont tapissés de documents originaux et de reproductions évoquant la période montmorencéenne de Rousseau.

A partir de son installation au Mont-Louis, le musée commence à développer un véritable accueil des visiteurs et nouer des liens avec le public montmorencéen et à l’extérieur.

Dans cet esprit, Charles Rowe,  conservateur de 1958 à 1978, organise  « les Conférences du soir »,  suivies par un public fidèle. Si le rayonnement de son musée auprès des institutions et des personnalités est une priorité dans l’entregent qu’il déploie, Charles Rowe s’est également fixé pour objectif  l’agrandissement du musée en incitant la ville à acquérir la Maison des Commères. Cette maison rurale du XVIIe siècle constituera quelques années plus tard, avec le « donjon » et le Mont Louis l’un des trois édifices du « Nouveau musée ».

LE MUSEE DE  1978 A 2011

Le Mont-Louis et le « Donjon »

Fermé après les commémorations du bicentenaire de la mort de Rousseau et Voltaire en 1978, le musée - la maison de Rousseau et son agrandissement moderne - fait l’objet d’un projet de transformation de l’extérieur et de l’intérieur du bâtiment. Les travaux sont menés en 1982.

Deux gravures du début du XIXe siècle permettent de procéder aux remaniements nécessaires de la toiture et de la façade de l’ancien Mont-Louis en tenant compte de la structure initiale, dans la tradition architecturale des bâtisses rurales de la région.

Deux salles sont créées au rez-de-chaussée et au premier étage, une vaste salle d’exposition permet d’ouvrir sur le panorama infini offert par le XVIIIe siècle et l’œuvre de Rousseau.

La maison de Rousseau subit une première restauration : les travaux de gros-œuvre permettent de dégager l’étroite fenêtre de la chambre de Rousseau effacée par l’agrandissement du19e siècle qui ouvrait au sud sur Paris. Le plancher est restauré sur le modèle d’un plancher rustique du XVIIIe siècle ; l’alcôve est habillée d’un tissu de Bergame et le lit d’une serge de soie verte d’époque, selon les descriptions d’étoffes portées sur l’inventaire historique de 1758.

Hormis ces aménagements, la Maison de Rousseau et le « Donjon », cœur historique du musée restauré, présentent encore en 1989 le visage qu’ils avaient en 1952 : pièces nues occupées par les meubles réputés avoir appartenu à Rousseau à l’Ermitage.

Le parti est pris d’approfondir la capacité d’évocation de ce lieu  en en respectant l’identité par un ameublement et des objets domestiques qui tiennent compte des données historiques : l’inventaire réalisé à la demande de Rousseau le 8 mars 1758, les Confessions et  la riche correspondance évoquant la « direction des réparations de Mont Louis » par Rousseau. 

Cette restitution est réalisée en 1990 grâce à la recherche de meubles et objets originaux du XVIIIe siècle, « cousins » de ceux décrits par le notaire de Rousseau dont certains proviennent du Musée des Civilisations Européennes et de Méditerranée (anciennement Musée national des arts et traditions populaires) ;  l’installation de ceux-ci est inspirée par le climat des toiles de Chardin et autres artistes de scènes d’intérieur contemporain.

L’accès au « Donjon » et la visite du jardin sont rendus accessibles aux personnes à mobilité réduite.

LE MUSEE AUJOURD’HUI

A l’occasion du tricentenaire de la naissance du philosophe (1712- 2012), le musée est de nouveau rénové. Un cabinet d’architecte-scénographe est engagé afin de réaliser la nouvelle salle d’exposition temporaire ainsi que l’accueil. Le plancher de l’étage est refait à neuf avec un nouveau parquet, des vitrines modernes, un nouvel éclairage et un chauffage au sol permettent de meilleures conditions de présentation des œuvres et une amélioration du confort de visite.

La maison du philosophe est également rafraîchie : ravalement de façade, restauration de la toiture, renouvellement des tentures intérieures et des peintures… Tout est mis en œuvre afin de fêter dignement l’anniversaire du plus célèbre des habitants de Montmorency.

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