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Lettre sur les liliacées du 22 août 1771 de Jean-Jacques Rousseau à Madeleine Delessert (musée Jean-Jacques Rousseau, Montmorency)

Lettres élémentaires sur la botanique

Jean-Jacques ROUSSEAU (Genève 1712 - Ermenonville 1778)

Du 22 août 1771 au printemps 1774

8 Lettres autographes à l’encre ferro-gallique brune sur papier vergé

Inv. 2001.11.2.1 à 2001.11.2.8

1 : Lettre sur les liliacées, du 22 août 1771 (1 double feuillet, 23,1 x 18,7 cm)

2 : Lettre sur les crucifères, du 18 octobre 1771 (1 double feuillet, 22,2 x 17,2 cm)

3 : Lettre sur les papilionacées, du 16 mai 1772 (2 doubles feuillets, 22 x 17,4 cm)

4 : Lettre sur les labiées et personées, du 19 juin 1772 (1 double feuillet, 21,5 x 16,4 cm)

5 : Lettre sur les ombellifères, du 16 juillet 1772 (2 doubles feuillets, 22,1 x 17,4 cm)

6 : Lettre sur les composées, du 2 mai 1773 (2 doubles feuillets, 22 x 16,8 cm)

7 : Lettre sur les composées et arbres fruitiers, de 1773 ou 1774 (1 double feuillet, 21,8 x 16,8 cm)

8 : Lettre sur les herbiers, du 11 avril 1773 (2 doubles feuillets, 21,7 x 16,8 cm)

En 1770, à Paris, Rousseau entreprend la rédaction d’un dictionnaire de botanique, resté inachevé. Une de ses amies, Madeleine Delessert, qu’il a rencontrée en 1762 et qu’il surnomme affectueusement « ma cousine », souhaite enseigner la botanique à sa jeune fille, Madelon. Rousseau et Madeleine correspondent fréquemment et elle demande conseil au philosophe. Entre août 1771 et avril 1774, il lui écrit huit lettres portant exclusivement sur l’étude des plantes.

Dans la première de ces lettres, il indique « Votre idée d’amuser un peu la vivacité de votre fille et de l’exercer à l’attention sur des objets agréables et variés comme les plantes me paraît excellente […] persuadé qu’à tout âge l’étude de la nature émousse le goût des amusements frivoles, prévient le tumulte des passions et porte à l’âme une nourriture qui lui profite en la remplissant du plus digne objet de ses contemplations. »

Rousseau va décrire plusieurs familles de plantes : les crucifères, les liliacées, les papilionacées... Il se réfère en cela au système de classification créé par Charles Linné (1707-1778), basé sur le mode de reproduction des plantes. Il insiste sur l’importance de la plante vivante dans cette étude « Pour bien reconnaître une plante, il faut commencer par la voir sur pied » précise-t-il dans la 8e lettre. Dans cette même lettre, Rousseau suggère également que la petite Madelon réalise son propre herbier. Il donne de nombreux conseils afin de collecter correctement les plantes :

« Le moment à choisir pour cela est celui où la plante est en pleine fleur, et où même quelques fleurs commencent à tomber pour faire place au fruit qui commence à paraître […] Quant aux plantes où l’on ne trouve que des feuilles et dont la fleur n’est pas encore venue ou est déjà passée, il faut les laisser, et attendre pour les connaître qu’elles montrent leur visage. Une plante n’est pas plus sûrement reconnaissable à son feuillage qu’un homme à son habit. »

« Les petites plantes se prennent tout entières avec leur racine qu’on a soin de bien nettoyer avec une brosse, afin qu’il n’y reste point de terre. Si la terre est mouillée, on la laisse sécher pour la brosser ou bien on lave la racine, mais il faut avoir alors la plus grande attention de la bien essuyer et dessécher avant de la mettre entre les papiers, sans quoi elle s’y pourrirait infailliblement et communiquerait sa pourriture aux autres plantes voisines ».

Rousseau confectionnera finalement lui-même un « petit échantillon d’herbier » pour la petite fille, d’août 1773 à mai 1774. Cet herbier, conservé au musée, est l’Herbier pour Mademoiselle Delessert.

En 1777, Rousseau retrouve Madeleine Delessert à Paris. Elle lui rend régulièrement visite jusqu’au départ du philosophe pour Ermenonville le 20 mai 1778.

Les lettres seront publiées à plusieurs  reprises, avec un nom de destinataire anonyme. L’édition de 1805 notamment présente de très belles illustrations de Pierre-Joseph Redouté.

Ces lettres, de même que l’herbier du musée Jean-Jacques Rousseau, ont été précieusement conservés par les descendants de la famille Delessert jusqu’en 2001.

Les lettres et l’herbier ont alors été acquis pour le musée par la Ville de Montmorency avec l’aide du Fonds du Patrimoine, du Fonds régional d’acquisition pour les musées et du Conseil général du Val d’Oise.

 

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