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Jean-Jacques Rousseau, citoyen de Genève par Maurice-Quentin de La Tour- 1759- 1764- Musée Jean-Jacques Rousseau- Montmorency

Jean-Jacques Rousseau, citoyen de Genève

Maurice-Quentin de LA TOUR (1704-1788)

Jean-Jacques Rousseau, citoyen de Genève

vers 1764

Pastel sur papier marouflé sur toile

68,5 x 53,5 cm

Inv. 2007.20.1

L’iconographie frappe par sa simplicité : le Citoyen de Genève, en habit à la française, est assis sur une chaise rustique.

Jean-Jacques Rousseau et le pastelliste Maurice-Quentin de La Tour fréquentent tous deux le salon musical de M. de La Pouplinière et se lient d'amitié au début des années 1750.

Au Salon de peinture et de sculpture de 1753, La Tour présente un portrait de son ami, accompagné de quelques vers de Marmontel : « A ces traits par le zèle et l’amitié tracés, Sages, arrêtez-vous ; gens du monde, passez ».

Diderot en fait un commentaire acide dans ses Salons : « J’y cherche le censeur des Lettres, le Caton et le Brutus de notre âge ; je m’attendais à voir Epictète en habit négligé, en perruque ébouriffée, effrayant par son air sévère les littérateurs, les grands et les gens du monde ; je n’y vois que l’auteur du Devin du Village, bien habillé, bien peigné, bien poudré et ridiculement assis sur une chaise de paille. »

Rousseau apprécie pour sa part ce portrait : « M. de La Tour est le seul qui m’ait peint ressemblant [...], je préférerai toujours la moindre esquisse de sa main aux plus parfaits chefs-d’œuvre d’un autre, parce que je fais encore plus de cas de sa probité que de son talent. » (Lettre à Marc Michel Rey du 26 juillet 1770)

La Tour souhaite offrir le pastel à son ami, qui refuse dans un premier temps. Le peintre  l’apporte finalement à Montmorency en 1759, en même temps qu’une deuxième version qu'il retouche sur place au Mont-Louis. Rousseau fera don du portrait au maréchal de Luxembourg avant son départ de Montmorency, suite à la condamnation de ses écrits. En 1764, le peintre insiste pour offrir la version retouchée à Rousseau, alors en exil à Môtiers. Après avoir longtemps hésité, Rousseau lui écrit: « Oui, Monsieur, j’accepte encore mon second portrait [...]. Il ne me quittera point, Monsieur, cet admirable portrait qui me rend en quelque façon l’original respectable : il sera sous mes yeux chaque jour de ma vie : il parlera sans cesse à mon cœur : il sera transmis après moi dans ma famille, et ce qui me flatte le plus dans cette idée est qu’on s’y souviendra toujours de notre amitié » (Lettre du 14 octobre 1764).

Lorsque Rousseau quitte Môtiers, il laisse notre pastel à son hôtesse Julie Boy de La Tour, dont la petite-fille Madelon sera la destinataire du célèbre herbier Delessert et des Lettres élémentaires sur la botanique.

En 2007, le pastel est acquis pour le musée par la Ville de Montmorency avec l’aide du Fonds du Patrimoine, du Fonds régional d’acquisition pour les musées et du Conseil général du Val d’Oise.

 

Pour en savoir plus sur le portrait, cliquez ici.

 

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