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Annotations sur Le Sentiment des citoyens

Jean-Jacques Rousseau

Annotations sur Le Sentiment des citoyens

1764-1765

Inv. IR.2002.1138

Ce document comprend plusieurs éléments reliés ensemble :

  • Le Sentiment des Citoyens, livret in-8° publié anonymement à Genève fin 1764
  • les annotations manuscrites de Rousseau à l’encre brune sur papier vergé en vue de l'édition d'une réponse
  • une lettre autographe de Rousseau à Duchesne, son éditeur, datée du 6 janvier 1765, à l’encre brune sur papier vergé
  • un manuscrit anonyme sur cette affaire, à l’encre bleue sur papier vergé

Le Sentiment des Citoyens est un pamphlet contre Rousseau, qui révèle notamment au public l'abandon par le philosophe des cinq enfants qu’il a eus avec Thérèse Levasseur : « c'est un homme qui porte encore les marques funestes de ses débauches ; et qui déguisé en saltimbanque traîne avec lui de village en village et de montagne en montagne, la malheureuse dont il fit mourir la mère et dont il a exposé les enfants à la porte d'un hôpital ». Mais encore « qui traite de tyrans les magistrats de notre République dont les premiers sont élus par nous-mêmes » et dont le souhait est de « renverser notre Constitution en la défigurant comme il veut renverser le christianisme dont il ose faire profession ». L’auteur poursuit : « si on châtie légèrement un romancier impie, on punit capitalement un vil séditieux ».

Le titre et les références à la Genève calviniste conduisent Rousseau à y reconnaître la plume du pasteur Jacob Vernes qui l'avait déjà attaqué dans ses Lettres sur le christianisme de M. J.-J. Rousseau. Rousseau admet lui-même qu'il en est persuadé mais ne dispose d'aucune preuve tangible (Confessions, XII).

Rousseau réagit rapidement à ces attaques. Il annote son exemplaire du libelle et demande à son éditeur la réimpression du texte complétée par les justifications « de la partie offensée ». L'ouvrage est publié en 1765 sous le titre : « Réponse aux Lettres écrites de la montagne, publiée à Genève sous ce titre Sentiment des citoyens ».

Rousseau y évoque principalement sa maladie honteuse supposée et l'abandon de ses enfants : « Je n'ai jamais exposé ni fait exposer aucun enfant à la porte d'aucun hôpital, ni ailleurs ». Le besoin de se justifier auprès du public le conduira à rédiger les Confessions afin de faire entendre sa vérité.

L'auteur du pamphlet, en réalité, n'est autre que Voltaire, qui réagit violemment aux Lettres de la montagne, dans lesquelles Rousseau l'accuse d'être l'auteur du Sermon des cinquante, libelle anonyme profondément antichrétien paru en 1762.

Consultez l'intégralité de l'ouvrage ci-dessous

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